Le Tartuffe ou l’Imposteur de Molière.

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Le Tartuffe ou l’Imposteur est une comédie en cinq actes (comportant respectivement 5, 4, 7, 8 et 7 scènes) et en vers (1 962 alexandrins) de Molière représentée pour la première fois au château de Versailles le 12 mai 1664 dans le cadre des quatre jours de jeux et de spectacles qui avaient prolongé les trois grandes journées de fête intitulées Les Plaisirs de l’Île enchantée. Elle ne comportait alors que trois actes.

On a longtemps cru que Molière l’avait écrite en réaction aux agissements de la très dévote Compagnie du Saint-Sacrement, mais on sait aujourd’hui que cette influence a été considérablement exagérée par les historiens anticléricaux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. En fait, dans la mesure où les dévots qui étaient présents à la Cour critiquaient le libertinage des mœurs (et les amours adultères du roi), le luxe, les fêtes, la politique de prestige et même la politique extérieure du royaume, Molière a été tenté, après avoir fait la satire de la conception traditionnelle (et donc catholique) du mariage dans L’École des femmes, de lancer une satire de la dévotion. En proposant un spectacle dans lequel les dévots sont présentés soit comme des ridicules (Orgon) soit comme des hypocrites (Tartuffe), il savait qu’il obtiendrait l’approbation du roi, les applaudissements de la plus grande partie de la Cour et les rires de l’aristocratie mondaine qui était la partie influente de son public dans son théâtre du Palais-Royal. Une thèse est que la pièce fut même une commande personnelle du roi pour le protéger des critiques de l’entourage de la reine-mère sur sa vie privée, la pièce étant jouée pour les Plaisirs de l’Île enchantée alors qu’y était célébré le retour de couches de sa maîtresse Mlle de La Vallière.

Louis XIV, qui avait applaudi la pièce à Versailles, dut se résoudre à interdire à Molière d’en donner des représentations publiques, à la demande de l’archevêque de Paris, Hardouin de Péréfixe, son ancien précepteur : l’Église et les dévots accusaient Molière d’impiété et lui reprochaient de donner une mauvaise image de la dévotion et des croyants. Après un premier placet adressé au roi pour défendre sa pièce et accuser ses ennemis de ne pas être de vrais dévots, mais de dangereux hypocrites, Molière entreprit de la remanier pour la rendre moins provocante, tout en composant et créant plusieurs autres pièces célèbres : Dom Juan ou le Festin de pierre en 1665, qui connaîtra six semaines de triomphe avant de tomber dans l’oubli ; puis Le Misanthrope ou l’Atrabilaire amoureux en juin 1666 (la pièce avait été entreprise au début de 1664, parallèlement à Tartuffe), puis plusieurs autres divertissements, pastorales et comédies (dont L’Avare en 1668). Une deuxième version en cinq actes, jouée le 5 août 1667 sous le titre de L’Imposteur avec l’accord du roi, fut aussitôt interdite en l’absence de Louis XIV (qui faisait alors le siège de Lille). Malgré les plaidoiries de Molière (il écrivit alors un deuxième placet), ce n’est qu’en 1669, au lendemain de la signature de la « Paix de l’Église » qui, apaisant les tensions religieuses, redonnait les coudées franches à Louis XIV, que la pièce — désormais appelée Tartuffe ou l’Imposteur — fut autorisée à être jouée régulièrement au théâtre du Palais-Royal et connut un immense succès : du 5 février au 9 avril, date de la clôture annuelle du théâtre pour la Semaine sainte, la troupe donna 28 représentations consécutives de la pièce, sans compter six visites, dont une chez la reine. Molière en profita alors pour écrire un troisième placet triomphateur.

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Personnages

  • Madame Pernelle : mère d’Orgon et favorable à Tartuffe qui est, d’après elle, un personnage pieux et respectable. Dès la scène d’exposition, elle est immédiatement disqualifiée par Molière : elle incarne l’aveuglement d’une génération dépassée. D’ailleurs, elle sera la dernière personne à comprendre son erreur.
  • Orgon : mari d’Elmire et fils de Madame Pernelle. C’est une personne naïve et entêtée.
  • Elmire : femme d’Orgon. Contrairement à Orgon, elle est présentée comme un personnage entièrement positif. Elle est caractérisée par deux termes: la discrétion et l’efficacité. En effet, sans les interventions intempestives de Damis, la pièce aurait pu se terminer bien plus tôt. Elle est le dernier recours pour démêler des situations familiales complexes (mariage entre Tartuffe et Mariane).
  • Damis : fils d’Orgon et frère de Mariane, il a reçu le caractère de son père (colérique) mais ses actions demeurent inefficaces.
  • Mariane : fille d’Orgon, sœur de Damis et amante de Valère. Elle est très timide et plutôt passive.
  • Valère : amant de Mariane.
  • Cléante : beau-frère d’Orgon. Personnage calme, réfléchi et intelligent. C’est pourquoi il essaye de raisonner Tartuffe à l’acte IV.
  • Tartuffe : faux dévot. Hypocrite et pique-assiette. Il n’arrive pas avant la scène 2 de l’acte III et sera absent pendant presque tout l’acte V.
  • Dorine : suivante de Mariane. Personnage plein de bon sens et de franc parler.
  • Monsieur Loyal : sergent royal
  • Un exempt : officier royal chargé des arrestations.
  • Flipote : servante de Madame Pernelle.

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Résumé

Orgon est l’archétype du personnage de cour tombé sous la coupe de Tartuffe, un hypocrite et un faux dévot. Il est, ainsi que sa mère, Madame Pernelle, dupe de Tartuffe. Ce dernier réussit à le manipuler en singeant la dévotion et il est même parvenu à devenir son directeur de conscience. Il se voit proposer d’épouser la fille de son bienfaiteur, alors même qu’il tente de séduire Elmire, la femme d’Orgon, plus jeune que son mari. Démasqué grâce à un piège tendu par cette dernière afin de convaincre son mari de l’hypocrisie de Tartuffe, Tartuffe veut ensuite chasser Orgon de chez lui grâce à une donation inconsidérée que celui-ci lui a faite de ses biens. En se servant de papiers compromettants qu’Orgon lui a remis, il va le dénoncer au Roi. Erreur fatale : le Roi a conservé son affection à celui qui l’avait jadis bien servi lors de la Fronde. Il lui pardonne et c’est Tartuffe qui est arrêté.

Extrait de Wikipédia

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