Le secret du bonheur

Bonjour à tous. Le secret du bonheur, pour une partie réside dans notre capacité à trouver nos propres voix, voie, sans chercher à plaire à tout le monde. A travers ce conte édifiant, je vous invite à découvrir à quel point, il est pure perte de temps et d’énergie de rechercher l’approbation générale.

Identifier l’oeuvre de sa propre vie.

Extrait du livre  » Atteindre l’excellence  » de Robert Greene.

Il arrive parfois qu’une véritable inclination se révèle au contact d’un vrai maître. John Coltrane (1926-1967) grandit en Caroline du Nord. Il se sentait décalé et bizarre, beaucoup plus sérieux que ses camarades de classe; il avait des attentes affectives et spirituelles insatisfaites. Il s’orienta vers la musique par jeu, apprit le saxophone et joua dans l’orchestre de son lycée. Quelques années plus tard, il assista à un concert du grand saxophoniste de jazz Charlie  » Bird  » Parker et sa façon de jouer toucha Coltrane en plein coeur. Parker transmettait grâce à son saxophone quelque chose de primal et de personnel, c’était pour Coltrane comme l’écho d’une voix intérieure et il y vit soudain le moyen d’exprimer sa personnalité et ses aspirations spirituelles. Il se mit à pratiquer cet instrument de façon si intensive qu’en dix ans, il devint l’un des plus grands musiciens de jazz de son époque.

Comprenons-nous bien : pour maîtriser un domaine, il faut aimer le sujet et se sentir avec lui des affinités profondes. Votre passion doit transcender le domaine objectif et friser le religieux.

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Vouloir mais… avoir conscience des contours et des exigences de l’entreprise.

Vouloir-ygb

XXIX

1. Dans toute affaire, examine bien les antécédents et les conséquents, et alors entreprends. Sinon, tu seras d’abord plein de feu, parce que tu n’as pas réfléchi à l’enchaînement des choses ; et plus tard, quand quelques difficultés se produiront, tu renonceras honteusement.

2. Tu veux être vainqueur aux jeux olympiques ? Et moi aussi, de par les dieux ; car c’est une belle chose. Mais examine bien les antécédents et les conséquents, et alors entreprends. Il faut obéir à une discipline, manger de force, t’abstenir de gâteau, faire des exercices forcés, à des heures réglées, par le chaud, par le froid, ne boire ni eau fraîche ni vin indifféremment, en un mot, te mettre entre les mains du dresseur comme entre celles d’un médecin ; puis, dans l’arène, il faut creuser des fosses, quelquefois se démettre un bras, se donner une entorse, avaler force poussière, quelquefois être fouetté, et avec tout cela être vaincu.

3. Quand tu auras bien pesé tout cela, si tu persistes, fais-toi athlète. Sinon, tu seras comme les petits enfants qui jouent tantôt au lutteur, tantôt au gladiateur, qui tantôt sonnent de la trompette, tantôt déclament ; de même, tu seras tantôt athlète, tantôt gladiateur, puis rhéteur, ensuite philosophe, et jamais rien du fond de l’âme ; tu imiteras comme un singe tout ce que tu verras faire, et chaque chose te plaira à son tour. C’est qu’avant d’entreprendre tu n’as pas bien examiné, retourné la chose sous toutes ses faces ; tu vas au hasard et sans désirer vivement.

4. C’est ainsi que certaines gens pour avoir vu un philosophe, pour avoir entendu parler comme parle Euphrate (et pourtant qui peut parler comme Euphrate ? ), veulent aussi être philosophes.

5. Mais, pauvre homme, examine d’abord ce que c’est que d’être philosophe ; ensuite étudie ta propre nature, pour voir si tu es de force. Tu veux être pentathle ou lutteur ? Considère tes bras, tes cuisses, examine tes reins. L’un est doué pour une chose, l’autre pour une autre.

6. Crois-tu qu’en te faisant philosophe tu peux manger et boire de la même manière, avoir les mêmes désirs, les mêmes aversions ? Il faut veiller, peiner, te séparer des tiens, t’exposer au mépris d’un petit esclave, aux risées des passants, avoir le dessous partout, en honneurs, en dignités, devant les juges, enfin en toute chose.

7. Pèse bien tout cela. Maintenant si tu tiens à avoir en échange l’impassibilité, la liberté, le calme, c’est bien ; sinon, retire-toi. Ne fais pas comme les enfants ; ne sois pas maintenant philosophe, ensuite percepteur, puis rhéteur, puis procurateur de César. Tout cela ne saurait s’accorder. Il faut que tu sois un, ou vertueux ou vicieux ; il faut cultiver ou ton âme ou les choses du dehors, l’appliquer ou aux choses intérieures ou aux choses extérieures, c’est-à-dire, rester ou philosophe ou non-philosophe.

Extrait du manuel d’Épictète.